Procol Harum - A Whiter Shade of Pale

Après le slow de l’été 66 que fut When a Man Loves a Woman, place à celui de l’été suivant (qui comporte quelques similarités musicales, principalement sur une progression d‘accords précise). Et pas n’importe quel été, car la période estivale de cette année 67 fut marquée par le fameux « Summer of Love » dont A Whiter Shade of Pale est devenu la bande-son iconique et l’hymne de cet évènement historique au même titre que Sgt. Pepper’s des Beatles. Alors que ces derniers sont encore retranchés dans leur quartier général d’Abbey Road, tout comme le Pink Floyd de Syd Barrett qui s’attelle à son Piper at the Gates of Dawn, Procol Harum va avec ce morceau semer les graines du rock progressif. Billy Joel l’a qualifié de meilleur morceau de tous les temps, John Lennon se dira sous le charme au point de le chanter tous les matins au saut du lit et Brian Wilson des Beach Boys déclarera même le désirer lors de ses funérailles. C’est le poète britannique Keith Reid, parolier de tous les albums de Procol Harum, qui rédigea le texte après avoir entendu à une soirée un invité s’adresser à une fille vraisemblablement bien entamée : « You’ve turned a whiter shade of pale » (que l’on peut traduire par «d’une pâleur extrême » ou « blanche comme un linge »). Ces quelques mots marquèrent Reid par leur sonorité et l’amenèrent à écrire une romance confuse où se mêlent fantasmes oniriques, mythologies et visions hallucinées à une époque où le LSD remplaçait le café matinal. Même si son auteur réfuta durant des années l’avoir écrit défoncé. Quand il porte son texte à Gary Brooker, ce dernier se jette sur son piano pour composer la structure musicale en s’inspirant de la troisième suite orchestrale de Jean-Sébastien Bach (extrait audible ici). C’est l’organiste Matthew Fisher qui aura l’idée de jouer sa partie sur un orgue Hammond offrant la texture baroque au morceau. A Whiter Shade of Pale constitue le premier enregistrement de Procol Harum ainsi que le premier single de leur carrière. En marge de sa sortie, le groupe assure la première partie de Jimi Hendrix au Speakasy Club sous les yeux des Beatles, Eric Burdon ou encore Brian Jones. Le premier EP éponyme se fit attendre jusqu’au mois de septembre (la version anglaise ne contiendra même pas leur titre phare) mais les ventes eurent bien du mal à décoller. Le groupe se sépara finalement en 1977 après une dizaine d’albums studio, chacun partant mener sa carrière de son côté (Brooker collabora notamment avec Eric Clapton en 1981 sur Another Ticket avec une tournée derrière), mais avec le poids monumental de leur hit sur les épaules. Ce qui les amènera à se reformer une quinzaine d’années plus tard et continuer à offrir en public leur contribution légendaire à l’histoire de la musique rock.

La signification de Procol Harum a été sujette à de nombreuses interrogations. Au départ, le nom vient simplement du chat d’un ami de leur producteur. Mais l’idée transmise au téléphone à Gary Brooker est mal comprise, la véritable orthographe étant « Procul Harun ». Cette locution latine possède bien une traduction un peu confuse : Par-delà les choses. C’est ce qui plut aux membres du groupe.

A sa sortie, il suffit d’une petite semaine à A Whiter Shade of Pale pour atteindre la première place des charts britanniques. Il y restera six semaines. Il atteint la cinquième position du Billboard américain alors que le groupe est encore inconnu même dans leur pays et qu’aucune promotion n’a été réalisée. Il grimpe aussi la première marche du podium dans la quasi-totalité des pays d’Europe. Mais ce sont les chiffres et statistiques qui donnent le vertige. Le 45 tours s’est écoulé à plus de 10 millions de copies à travers la monde, ce qui le place au 40ème  rang des meilleurs ventes de tous les temps. Il s’est aussi avéré que le morceau a été le plus joué dans les lieux publics anglais ainsi que le plus diffusé à la radio de ces 75 dernières années. Enfin il est élu meilleur single (exæquo avec Bohemian Rhapsody de Queen) pour la période 1955-1977 à la première cérémonie des BRIT Awards en 1977.

Le morceau a été repris par plus de 1.000 artistes selon certaines sources. On notera la version d’Annie Lennox en 1995, Joe Cocker, Ringo Starr, les Everly Brothers , Peter Gabriel ou Willie Nelson. En France, c’est Nicoletta qui le reprend sous le titre Les orgues d’antan mais aussi Bruna Giraldi avec Soleil de minuit.

Paroles

We skipped the light fandango
Turned cartwheels 'cross the floor
I was feeling kinda seasick
But the crowd called out for more
The room was humming harder
As the ceiling flew away
When we called out for another drink
And the waiter brought a tray

 

And so it was that later
As the miller told his tale
That her face, at first just ghostly,
Turned a whiter shade of pale

She said, "There is no reason
And the truth is plain to see. "
But I wandered through my playing cards
And they would not let her be
One of sixteen vestal virgins
Who were leaving for the coast
And although my eyes were open wide
They might have just as well been closed

And so it was that later
As the miller told his tale
That her face, at first just ghostly,
Turned a whiter shade of pale

She said, "I'm here on a shore leave,"
Though we were miles at sea.
I pointed out this detail
And forced her to agree,
Saying, "You must be the mermaid
Who took King Neptune for a ride. "
And she smiled at me so sweetly
That my anger straightway died.

And so it was that later
As the miller told his tale
That her face, at first just ghostly,
Turned a whiter shade of pale

If music be the food of love
Then laughter is it's queen
And likewise if behind is in front
Then dirt in truth is clean
My mouth by then like cardboard
Seemed to slip straight through my head
So we crash-dived straightway quickly
And attacked the ocean bed

And so it was that later
As the miller told his tale
That her face, at first just ghostly,
Turned a whiter shade of pale

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