Free - All Right Now

Le terme « jeune prodige » est des plus galvaudés dans l’histoire de la musique rock. Mais force est de constater qu’il correspondait à la perfection au bassiste Andy Fraser. Très jeune il se retrouve derrière un piano, puis à l’âge de douze ans joue déjà dans les clubs mal famés de l’East End londonien. Il fait alors par chance la rencontre de la fille d’Alexis Korner, musicien hors pair et parrain de la scène blues anglaise. Ce dernier pousse donc le jeune Fraser à ouvrir les portes de la « Factory Mayall » et devient à quinze ans seulement un benjamin de ses Bluesbreakers aux côtés d’un autre futur talent de trois ans son aîné, Mick Taylor. Cette insolente précocité se retrouve dans son premier groupe monté autour de deux ex-Black Cat Bones le guitariste Paul Kossof (17 ans) et le batteur Simon Kirke (18 ans) ainsi que le chanteur Paul Rodgers (18ans). En 1968, Free était né. Le quatuor s’inscrit fièrement dans la lignée British Blues des Fleetwood Mac, Chicken Shack, Climax Blues Band et consorts même si finalement seul leur premier effort Tons of Sobs en porte la griffe caractéristique, selon les puristes tout du moins. Car dès leur second opus puis Fire & Water qui nous interesse ici, Free va tirer vers le hard rock teinté de blues comme Led Zeppelin ou Savoy Brown. Ils se payent d’ailleurs le producteur de ces derniers larons, Roy Baker, qui va largement contribuer au triomphe de l’album. C’est après un concert lamentable à Durham dans un college d’une capacité de 2.000 personnes mais devant une trentaine de clampins que All Right Now émerge. La setlist du groupe majoritairement composé de titres blues au tempo lent, ils se rendent à l’évidence qu’une composition plus rythmée manque à l’appel. De retour aux loges, Fraser essaie de remotiver ses troupes en claquant « Hey it’s all right now, come on, tomorrow’s another day… » ce qui fut l’élément déclencheur. Il trouva le riff en cherchant à imiter Pete Townshend et leurs influences constituées des enregistrements Stax et Motown et de Gladys Knight & The Pips firent le reste. Le succès immédiat et phénoménal de ce titre va propulser Free sous les feux de la rampe (avec en apogée le concert au festival de l’île de Wight devant 600.000 personnes en août 1970) mais aussi le consummer à petit feu. Le fardeau est beaucoup trop lourd à porter pour une bande de gamins tout juste sortis de l’adolescence. La rivalité grandissante entre le tandem Fraser-Rodgers et la lente descente aux enfers du guitariste Paul Kossof dans la came finiront d’enterrer la formation la plus prometteuse du blues britannique. Fraser met les voiles le premier pour zoner d’un groupe à l’autre, suivis de Paul Rodgers (qui sera sollicité par Deep Purple, Journey et même les Doors après la mort de Morrison) et Simon Kirke partis former le génial Bad Company qui cartonnera dans les seventies. Quant à Kossof, il traînera son spleen et sa seringue jusqu’à son dernier vol Los Angeles-New York le 19 mars 1976 où il sera victime d’une embolie pulmonaire à 25 ans. Son corps rapatrié puis incinéré à Londres, ses cendres reposent depuis à Golders Green où on peut lire comme épitaphe : All Right Now.

All Right Now atteint la deuxième place des classements anglais et la quatrième de l’U.S. Billboard. Il décroche la première place des charts dans plus de vingt pays dont les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Suède et l’Autriche. En France, le single décroche la quatrième position. Ses ventes s’élevèrent à plus du million de copies à travers le monde.

Wilson Pickett, Rod Stewart, Mike Oldfield, The Runaways, Lemonescent, Pepsi & Shirlie ou Christina Aguilera ont tous gravé leur version du morceau.

Paroles

There she stood in the street
Smiling from her head to her feet
I said hey, what is this
Now baby, maybe she's in need of a kiss
I said hey, what's your name baby
Maybe we can see things the same
Now don't you wait or hesitate
Let's move before they raise the parking rate

All right now baby, it's all right now
All right now baby, it's all right now

I took her home to my place
Watching every move on her face
She said look, what's your game baby
Are you tryin' to put me in shame
I said slow don't go so fast
Don't you think that love can last
She said love, Lord above
Now you're tryin' to trick me in love

All right now baby, it's all right now
All right now baby, it's all right now

All right now baby, it's all right now
All right now baby, it's all right now

All right now baby, it's all right now
All right now baby, it's all right now

All right now baby, it's all right now
All right now baby, it's all right now

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