The Moody Blues - Nights in White Satin

C’est dans le rythm & blues et le merseybeat de Liverpool que les premiers membres Ray Thomas, Mike Pinder puis Denny Laine (futur Wings de Paul McCartney) bâtissent le son de la formation de Birmingham. Cette éphémère mouture connaîtra un premier succès en 1964 avec Go Now, numéro un des charts anglais. The Moody Blues pâtira comme souvent de plusieurs changements dans son line-up dont le départ de Laine pour Electric String Band et les arrivées des jeunes pinceurs de cordes Justin Hayward et John Lodge. Ces deux recrues apporteront un vent de fraîcheur qui se traduira par une orientation musicale à des années lumières des débuts. Surtout qu’ils se placent en compositeurs prolifiques et émérites, fortement inspirés par le parfum psychédélique qui flotte dans le fog londonien de cette année 1967. Les premiers opus de Pink Floyd ou Procol Harum, sans oublier le Sgt. Pepper’s des Beatles, ouvrent des voies nouvelles au potentiel illimité. Et le principe de concept-album qui commence à éclore va être le cahier des charges des Moody Blues reclus dans les studios Decca six mois durant. Car le futur EP Days of Future Passed peut se vanter d’incarner peut-être le premier album conceptuel complet dans le sens où il narre une journée ordinaire de l’aube (The Day Begins, The Dawn) à la nuit (Evening, The Night), chaque titre correspondant à un moment clé de celle-ci. L’album fait aussi la part belle à un instrument encore peu démocratisé, le Mellotron que le monde entier a découvert plus tôt dans l’année sur le single Strawberry Fields Forever des Beatles. L’organiste des Moodies Mike Pinder qui travailla au début des sixties chez Streetly Electronics déclara même l’avoir introduit à John Lennon. Quant à Pinder il l’adoptera durant toute sa carrière, faisant de la sonorité du clavier polyphonique la marque de fabrique du groupe. Mais outre cette touche progressive cimentant les fondations du disque, ce sont bien les envolées du London Festival Orchestra qui donneront la texture symphonique finale à l’œuvre. Et en réalité, cet orchestre n’existait même pas. Il s’agissait de musiciens de studio mis à la disposition des Moody Blues par la maison de disque Decca. De plus ces parties orchestrales étaient jouées séparément, les musiciens et le groupe ne se croisèrent donc jamais. Parfois pompeuses, parfois intimistes, les amoureux des cordes trouveront des ressemblances avec les plus grands classiques de la Metro quant à ses détracteurs ils n’entendront là que musique de chambre. La quintessence de cette pop symphonique se retrouve sur la dernière plage du disque, The Night, qui consiste en deux parties distinctes : Nights in White Satin et Late Lament, un poème signé du batteur Graeme Edge et récité par Mick Pinder. Ce dernier avait apporté sa contribution avec The Morning, Justin Hayward tenta donc d’écrire en réponse The Night. L’idée lui vint après s’être vu offrir un set de draps en satin et le titre émergea justement depuis son lit à Bayswater, quartier londonien où il résidait. Agé de seulement dix-neuf ans, le jeune guitariste sort tout juste d’une rupture douloureuse et débute une nouvelle idylle. C’est ce maelstrom émotionnel qui rejaillit dans le texte de Nights in White Satin où l’interprète tente de retenir la nuit (et la fille) afin d’éviter l’inéluctable lever du jour mais aussi la fin du disque. Car le concept de l’album relie logiquement le dernier titre de la face B au premier de la face A dans un cycle perpétuel. Et si les nuits de satin ne se terminent jamais, il en est de même du succès du morceau qui va devenir l’hymne intemporel des Moody Blues et de plusieurs générations de romantiques.

Lors de sa première sortie à l’automne 1967, Nights in White Satin fait une entrée mitigée dans les charts anglais, où il culmine à la 19ème place, comme américains où il ne dépasse pas la 103ème position. Il faudra attendre sa réédition en 1972 pour que le titre soit numéro 9 en Angleterre et finisse à la deuxième marche du Billboard Hot 100 (derrière I Can See Clearly Now de Johnny Nash). Il sera aussi numéro un du classement du magazine Cash Box ainsi qu’en France et au Canada. Mondialement, le single se sera vendu à plus de deux millions de copies.

La liste des reprises de Nights in White Satin est conséquente : Eric Burdon, The Shadows, Nancy Sinatra, Gerry and the Pacemakers, Tina Arena, Tori Amos, la version électro de Giorgio Moroder ou symphonique du London Orchestra. En France, c’est la chanteuse Patricia qui réalise la première adaptation dès 1968 sous le titre Mes rêves de satin. Suivront Michèle Richard en 1970 avec Voyage entre nuit et clarté puis plus tard Marie Laforêt en 1982 et son Blanche nuit de satin. A noter que Dalida reprendra aussi le morceau mais en italien.

Paroles

Nights in white satin
Never reaching the end
Letters I've written
Never meaning to send

Beauty I'd always missed
With these eyes before
Just what the truth is
I can't say any more

'Cause I love you
Yes I love you
Oh how I love you

Gazing at people, some hand in hand
Just what I'm going through they can't understand
Some try to tell me, thoughts they cannot defend
Just what you want to be, you will be in the end

And I love you
Yes I love you
Oh how I love you
Oh how I love you

Nights in white satin
Never reaching the end
Letters I've written
Never meaning to send

Beauty I've always missed
With these eyes before
Just what the truth is
I can't say any more

'Cause I love you
Yes I love you
Oh how I love you
Oh how I love you
'Cause I love you
Yes I love you
Oh how I love you
Oh how I love you

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